Tremblements

Le sol a bougé. La sensation était fugace, comme un frisson qui parcourt le corps et s’évacue ni vu ni connu.

Mais le temps d’un instant, il n’était plus cette terre ferme à laquelle nous sommes arrimés.

Sa constance s’est troublée, son assurance s’est envolée.

Autour de nous, la nature s’est agrippée. Les lianes se sont resserrées sur des pierres qu’elles étreignent.

Les racines des arbres se sont crispées dans le limon malmené. Les vestiges se sont préparés à chuter.

Puis, plus rien. Seul un silence assourdissant et immobile criait que le danger s’était dissipé.

A moins qu’il ne rampe encore dans les méandres de la croute terrestre et ne guette un moment de faiblesse pour nous démontrer sa toute puissance.

Pourtant le sol a bougé. Notre cœur a tremblé. Notre vision s’est troublée et le temps s’est arrêté.

La maison aux volets verts

Cette maison, elle la reconnaissait.

C’était la maison de son rêve, celle qui s’imposait dans ses souvenirs, ses envies.

Elle se révélait telle qu’elle l’avait imaginée, baignée de soleil,

irradiant de la promesse d’un bonheur pur et simple.


La lumière la caressait avec tendresse et délicatesse.

Le papier peint désuet ajoutait une touche de charme supplémentaire aux lieux.

Il rappelait son histoire, son vécu. Les discussions enflammées, les éclats de rire.


Le silence régnait en cet instant,

mais, lorsqu’elle posait la main sur les poutres, elle pouvait l’entendre, percevoir son pouls qui affleurait.

Elle lui redonnerait vie, la piquerait au cœur afin de la réanimer.


Bientôt, cette belle au bois dormant de pierre s’éveillerait de son long sommeil.

Elle resplendirait, éclairée de mille bougies, de mille sourires.

Ensemble, elles renaitraient et chasseraient les fantômes du passé.