Projet Polaroid 365: le chat des villes

Entre images et mots l’histoire d’un chat des villes

Sa vision se trouble, son poil se hérisse. il est prêt à bondir sur celui qui le poursuit, à prier un dieu inconnu pour lui échapper. ce n’est pas un animal de la campagne. Aux souriceaux à portée de griffes, il préfère être le chat du comptoir, dormir à côté des verres empilés et se faire bercer par les conversation. Les femmes le nourrissent de leur petits gâteaux sans qu’il est besoin de lever la moindre patte. Paris est un fantastique terrain de jeux pour ceux qui comme lui peuvent se faufiler de vélo en balcon et tenter de se faire adopter par une pin-up en lingerie.

Tremblements

Le sol a bougé. La sensation était fugace, comme un frisson qui parcourt le corps et s’évacue ni vu ni connu.

Mais le temps d’un instant, il n’était plus cette terre ferme à laquelle nous sommes arrimés.

Sa constance s’est troublée, son assurance s’est envolée.

Autour de nous, la nature s’est agrippée. Les lianes se sont resserrées sur des pierres qu’elles étreignent.

Les racines des arbres se sont crispées dans le limon malmené. Les vestiges se sont préparés à chuter.

Puis, plus rien. Seul un silence assourdissant et immobile criait que le danger s’était dissipé.

A moins qu’il ne rampe encore dans les méandres de la croute terrestre et ne guette un moment de faiblesse pour nous démontrer sa toute puissance.

Pourtant le sol a bougé. Notre cœur a tremblé. Notre vision s’est troublée et le temps s’est arrêté.

Terres Obsidiennes de Guillaume Noury

« Terres obsidiennes » des mots énigmatiques qui emportent, mais surtout qui désignent le livre de Guillaume Noury aux Éditions Sur La Crête.

« Terres d’obsidiennes », quelques lettres qui interpellent, transportent, bousculent notre imaginaire. Le lecteur se retrouve plongé dans un univers aux noirs profonds à la matière à fleur de peau.

Les photographies de Guillaume Noury paraissent organiques, vivantes, vibrantes. On sent presque le charbon sous nos doigts lorsque l’on caresse une page.

La nature tient une place de choix dans cet ouvrage. Puissante, sauvage, elle domine et impressionne. Elle est prête à tout emporter sur son passage telle la lave d’un volcan en éruption. Le terme « Obsidienne » ne désigne -t-il le verre volcanique ? Les éléments se déchainent avec ferveur et liberté. Feu, eau, terre, air. Aucun ne manque à l’appel. Ils traversent les pages pour nous atteindre.

Les paysages se disputent avec des silhouettes anonymes. Des poupées de cire, des automates ? L’homme, sans visage, parait insignifiant, petit, figé. Tel une virgule, il ponctue un monde d’ombres et de lumières.

Si le profil est silencieux, ses mains, elles, parlent. Elles expriment la tendresse, l’amour d’un enfant, sa joie. Elles saisissent la vie avec énergie.

Cet univers sombre est jalonné par quelques instants de respiration. Pour quelques minutes, on s’éloigne des noirs profonds pour profiter de la beauté des nuages qui oxygène des montagnes aux nuances rouge orangé. Elles contribuent à l’irréalité de ce monde, à la poésie du travail. Car il ne faut pas vous y trompé. Ce livre est un poème que je vous invite à découvrir.  

L’écume étoilée

Seule fasse au ressac, j’écoute la musique des vagues qui éclatent sur les rochers.

 Le souffle du vent les accompagne, les façonne.

Les secondes se transforment en minutes, la danse se poursuit enlevée, hypnotique.

Bientôt le temps se fond en un instant unique.

 La mer et le ciel chantent et virevoltent à l’unisson.

Sur la pellicule la magie opère.

La chimie abandonnée aux années rencontre la beauté d’un moment d’éternité.

La réalité s’efface, elle devient souvenir puis rêve.

La photographie qui demeure porte le poids du sentiment d’infini mais aussi de l’instant éphémère. Car déjà l’écume se libère et reprend sa chevauchée débridée.

Découvrez la série serendipity dont cette photo est issue sur mon site internet: http://www.fh-photographie.com/-/galleries/serendipity

L’histoire continue Projet Polaroid 365

L’histoire continue. l’été touche à sa fin.

On guette les dernières lumières, les derniers soleils avant le retour au quotidien.

On profite des derniers instant de liberté avant le retour de la vie bien remplie.

Bientôt la ville reprendra ses droits et les champs disparaitront sur le poids du bitume.

Alors profitons encore quelques instant de cette légèreté insouciante et insolente.

La maison aux volets verts

Cette maison, elle la reconnaissait.

C’était la maison de son rêve, celle qui s’imposait dans ses souvenirs, ses envies.

Elle se révélait telle qu’elle l’avait imaginée, baignée de soleil,

irradiant de la promesse d’un bonheur pur et simple.


La lumière la caressait avec tendresse et délicatesse.

Le papier peint désuet ajoutait une touche de charme supplémentaire aux lieux.

Il rappelait son histoire, son vécu. Les discussions enflammées, les éclats de rire.


Le silence régnait en cet instant,

mais, lorsqu’elle posait la main sur les poutres, elle pouvait l’entendre, percevoir son pouls qui affleurait.

Elle lui redonnerait vie, la piquerait au cœur afin de la réanimer.


Bientôt, cette belle au bois dormant de pierre s’éveillerait de son long sommeil.

Elle resplendirait, éclairée de mille bougies, de mille sourires.

Ensemble, elles renaitraient et chasseraient les fantômes du passé.

Projet Polaroid 365 – la suite

Vous l’aurez compris: je fais une petite panne d’inspiration de titre….

Heureusement, les photographies, elles, continuent de venir. Jour après jour, je saisis mon polaroid et part un quête d’une image. la récolte est inégale selon le courage ou la disponibilité d’esprit mais la photographie finira toujours par sortir et prendre vie.

Le bruit si caractéristique du polaroid est devenu un son quotidien que j’apprécie. Le déclencheur appuyé, je sais que j’ai accomplie une de mes taches de la journée. La photographie n’est pas toujours telle que je l’imaginé mais le plaisir de la découverte est toujours le même.

Le Bruissement des feuilles

Les feuilles bruissaient autour de lui. Il ne s’agissait pas d’un chant heureux ou d’une danse joyeuse. Non, les arbres l’avertissaient d’un danger.

Le renard se figea aux aguets, interrogeant l’air, le ciel et les herbes.

Tous demeureraient silencieux, muets, terrorisés. Le museau au vent, il devinait que la menace venait de l’ouest, mais il avait appris que l’humain pouvait être retors. Il ne survivrait que s’il écoutait son instinct et la nature. Eux seuls lui permettraient de s’échapper.

Tapi dans les fourrés, il attendait, impatient, le moment favorable pour esquiver le piège qui se refermait sur lui. Bientôt il serait encerclé, il le savait. Il n’avait qu’un désir, qu’un besoin : bondir et courir aussi vite que ses pattes le lui porteraient, mais il se devait de se contenir jusqu’à la bonne opportunité. Il entendit un grand bang, semblable à une explosion. Il comprit que l’homme s’était détourné de lui pour choisir une autre cible. Il jaillit alors et entama une course qui devait le mener vers la liberté.